Parcours gustatif parisien des amoureux des sandwicheries, kebabs et shawarmas

Le 12/04/2010 à 09h55 - Infos Kebab

Article proposé par KEBABintheBLOOD, rédacteur invité.

Le kebab parfait existe-t-il ? J'ai l'impression que cette question restera à jamais sans réponse… les viandes proposées sont certainement trop différentes.

Comment donner un avantage à l'une ou l'autre ? Veau ? Agneau ? Dinde ? Porc ? Poulet ? Veau + Dinde ? Veau + Dinde + Agneau ? Veau + Porc ? Vaste question…. Et la sauce blanche ? Consistante ou plutôt fluide ? Citronnée ou avec des épices extravagantes ? Des herbes en supplément ?

Je me souviens un kebab à Grenoble, il y a des années, la sauce blanche comportait de petits morceaux de légumes qui, combinée avec une viande légère, un pain hors norme avec une consistance très à part, lui donnait une saveur unique, tellement envoûtante, proche du kebab et à la fois tellement éloignée…. Je ne me souviens plus du nom de ce kebab, pas très loin de la rue de Chamrousse, toujours est-il que le patron n'avait jamais voulu me dire quel était le nom de ce petit ingrédient à part contenu dans la sauce blanche et qui lui donnait une dimension tellement originale et mature….

Et le pain ? Pita épaisse ? Galette ? Pain au sésame, sans sésame, fin ou épais ? Baguette maison peut-être ? Quand on y réfléchit, les possibilités sont tellement nombreuses, et les goûts tellement variables, qu'il ne faut pas se le cacher, le kebab parfait n'existe pas et il nous sera difficile d'un jour clore cette question…

Et puis allons-y, quitte à se poser la question du kebab lui-même, le style de la sandwicherie idéale elle-même peut se poser ? Préfèrera-t-on le style du kebab turc, du gyros, du shawarma, de la sandwicherie innovante proposant également chicken chicka, burgers et autres ? Bref, il n'y a pas de limite à la question posée….

Etant d'un naturel idéaliste, j'espère malgré tout apporter ma contribution à cette question existentielle….
Ainsi, plutôt que le meilleur kebab du monde, je vous proposerai plutôt le PArcours GUstatif PArisien des amoureux des Sandwicheries, Kebabs Et Shawarmas (que j'appellerai pour faire court, le « PAGUPASKEC »).

Que de la qualité, du goût, de la variété, des ambiances ! Enfin un parcours qui s'égare de Paris intra-muros et nous fait découvrir les routes de banlieue, avec une escapade campagnarde jusqu'à cette petite ville dormissante devenue au gré des années experte en kebabs….

Je vous propose ainsi une succession de 14 adresses, avec plusieurs sandwichs à goûter, pour ainsi découvrir la quintessence de la sandwicherie, kebabs et shawarmas… Il est évident que l'on peut toujours faire mieux, mais pour le moment je vous promets des émotions hors normes, des surprises… Ce parcours prend 3 mois (imaginons que chaque étape soit réalisée tous les week-end), et, croyez-moi, c'est une aventure culinaire que vous aurez du mal à oublier…

Etape 1 : Le Doner Kebab (43 rue des Batignolles, Paris 17).
Le kebab de référence sur Paris, une réputation qui n'est plus à faire, souvent considéré comme le meilleur de Paris. Pour moi ce n'est pas le cas, non seulement car le meilleur n'existe pas, mais aussi car il n'est pas très original. C'est un kebab excellent, très poli, très correct, il ne vous choquera pas, surtout pas, il sera par sa douceur et son classicisme vous séduire… Il fera le plus grand bien à vos papilles en ce début de parcours avant de connaître les creux et sommets de votre PAGUPASKEC qui ne fait que débuter… Attention, cette petite échoppe est connue, elle ne vous permettra peut être pas de vous asseoir et vous demandera peut être un peu de patience dans cette studieuse petite queue qui traîne sagement sur le trottoir des Batignolles…

Etape 2 : Le Délice à Clamart.
Vous allez faire une petite virée dans le sud de la petite couronne, découvrir ce lieu mythique, considéré par bon nombre comme LA sandwicherie d'Ile de France…. Que d'originalité vous attend là bas… Mais attention, ce lieu peut parfois se montrer turbulent… La clientèle, nombreuse, houleuse, parfois les serveurs, se trouvent là bas comme exaltés par ces nombreux mets qui pétillent en bouche, les sauces et frites à volonté, et il nécessitera une également une certaine témérité à vos papilles pour affronter le Forman, sandwich non encore répertorié dans aucune catégorie à ce jour… Ce sandwich n'est pas mon préféré, mais il a le mérite d'être une sorte d'ovni dont il faut un jour avoir croisé la route. Nous referons un séjour du côté du Délice, mais avant de goûter au grec, je vous conseille si le Forman vous fait peur, peut être un Ptit'K ou un des nombreux chicken à l'affiche… Supplément boursin pour les curieux. Préférable de s'y rendre en milieu d'après-midi quand il n'y a pas trop de monde.

Etape 3 : Le Buffet d'Auteuil, rue d'Auteuil (porte d'Auteuil) Paris 16.
Pour nous remettre de nos émotions, nous allons nous détendre un peu au Buffet d'Auteuil. Là point de trouble. Discuter un peu avec les cuisiniers, il vous relaxerons et se mettront en 4 pour vous servir une galette 100% veau, bien grillée, bien chaude, haut de gamme, sans heurts, dans une petite salle calme et confortable… Une poignée de frites, une mini fourchette pour pas s'engraisser les doigts, et morde à fond dans cette belle et douce galette sans défaut, et le tour est joué…

Etape 4 : Le café des arts, rue Saint André des Arts, Paris 6eme.
On a repris des forces au buffet d'Auteuil et nous revoilà donc d'attaque pour une étape haute en couleurs… On est dans un quartier touristique, très agréable lors des beaux jours, mais l'amateur de kebab se sent un peu perdu dans cette contrée proposant nombre d'échoppes tapageuses… Alors soyons clairs, cette échoppe ne fait peut être pas partie des kebabs les plus raffinés de Paris, mais il ne faut pas la négliger. Vous vous mettez à la place d'un touriste et là vous demandez une grosse pita, si possible avec quelques frites, et là vous découvrez ce que c'est qu'une superbe grosse pita mélangeant veau et porc. C'est gras, très gras (attention, huileux mais pas en texture de viande), mais tellement bon… Il y a du savoir faire, ce n'est pas fait que pour les touristes. Il faut la goûter. Le PAGUPASKEC ne pourrait pas s'en passer. Faites le.

Etape 5 : Al Boustan, rue Montorgueil, Paris 01.
Le bide en a pris un coup au café des arts, pas de soucis on va se refaire la fraise avec un petit shawarma « diététique » et raffiné, le tout dans un autre quartier vivant de Paris. La rue Montorgueil est assez sympathique, elle propose diverses adresses de produits italiens et de glaces de qualité… Au milieu de ce couloir piétonnier principalement italophile, vous tomberez sur ce fameux Al Boustan. Vous pourrez vous asseoir ou l'emportez, mais vous pourrez goûter indubitablement un des meilleurs shawarmas de Paris. Personnellement je préfère le shawarma poulet, mais peu importe votre choix (boeuf, poulet, voire mélange), je vous garantis personne ne pourra venir vous prendre votre précieuse petite galette du bonheur quand vous la tiendrez dans la main… La déguster sur place pour profiter d'un autre produit du lieu (entrée ou dessert…) peut s'avérer judicieux. Le Liban c'est beau…

Etape 6 : L'Anamour, Boulogne Billancourt métro Sembat.
L'Anamour c'est plus un resto qu'une simple sandwicherie. Le cadre est sympa, les serveurs sont sympas, y'a du passage, enfin c'est l'institution du moment sur Boulogne Billancourt. Là, le mieux est de prendre une belle assiette grecque complète (frites + boulgour), et demander un petit pot de sauce blanche pour en profiter pleinement. Personnellement j'aime bien le tarama, mais c'est assez gras et en entrée cela commence à faire beaucoup. Le pain qui vous sera servi pour ces 2 plats ne doit pas être le même. La viande est belle, épicée, sobre, goûtue. Surtout, n'hésitez pas à prendre votre temps pour bien digérer en prenant un café turc sucré qui saura amener délicatement vos papilles et votre estomac vers de doux rêves de sieste sous les cerisiers…. L'Anamour n'est pas l'étape la plus gastronomique du PAGUPASKEC, mais elle est globalement bien sympathique, chaleureuse, et vous permettra de mieux savourer encore ce que vous réserve la suite du parcours, qui, non, non, est loin d'être encore terminé…

Etape 7 : Le 129, 129 rue Gabriel Péri à St Denis.
Le 129 a une réputation qui est largement surfaite. Mais il s'agit de vous faire votre propre opinion. Pas de grec à la carte. Mais de nombreux chicken et le triple x, qui a fait sa notoriété. Alors là personnellement je ne sais lequel vous conseiller. Je ne suis pas fan de la recette du triple X, qui est quand même un très gros sandwich qui vise à bien caler. J'ai bien aimé le spécial, poulet avec de l'idée dans l'assaisonnement, les amateurs préfèrent avec un supplément fromage, mais je le préfère nature, pour pouvoir mieux supporter les frites et les sauces. C'est une étape à connaître, pour assouvir votre curiosité et expérimenter vos propres émotions de gourmand dans la rencontre avec cette sandwicherie plaque tournante de St Denis.

Etape 8 : Le casse croûte grec, 4 rue de l'école Polytechnique Paris 5eme.
De petites rues étroites et pavées, une petite échoppe presque cachée de la lumière du jour. Mais quand vous entrez, tout s'éclaire…. Un accueil comme on n'en fait plus, une broche à l'égyptienne qu'on a envie de serrer dans ses bras et de recouvrir de baisers… Une baguette faite sur mesure parsemée de petites grains de sésames, des crudités variées, une viande Veau Dinde et Agneau qui a du caractère et offre tellement de douceur à la fois…. Une petite assiette de frites posée à côté de vous sur la table-bar, le sourire du patron et des voisins qui passent dire bonjour… Que faire d'autre que de tester par soi même ? Il y a de l'agneau, mais le goût est tempéré par le veau et la dinde, aussi est-ce vraiment une belle adresse pour notre PAGUPASKEC éclectique et gourmand.

Etape 9 : Chez Chéro, Place Rotrou à Dreux.
Là je pense que vous n'allez pas m'aimer. Mais bon, il était temps de s'éloigner un peu pour faire une ballade campagnarde aux confins de la région parisienne. Traversons le pays d'Yvelines afin de s'arrêter en douceur dans le Drouais, territoire un peu à part où se rejoignent la bourgeoise et religieuse Beauce Chartraine, la crémeuse et verte Normandie, ainsi que, pile là, une zone à haute densité de kebabs. Chez Chéro est le kebab maison par excellence. J'adore tout chez eux. Je ne sais de la baguette ou de la galette laquelle me fais jouir le plus le plus, entre les deux mon cœur balance. Il faut goûter les 2. Du beau veau, équilibré, de la belle sauce blanche, équilibrée, des frites saines (autant que peuvent l'être des frites..), la mini terrasse ensoleillée sur cette place discrètement jolie, le papa, le gentil serveur souriant, le gentil serveur timide. Digestion accélérée par enchantement, l'occasion aussi d'une marche autour du beffroi et des petits canaux de l'Eure serpentant dans le centre ville. Il est beau ce kebab, il est beau…

Etape 10 : Taiba, 80 avenue stalingrad à St Denis.
Alors là on change de registre, notre PAGUPASKEC nous emmène dans un territoire du nord, dans un quartier triste et froid. Il en faut pour tous les goûts. Toutefois c'est bien le goût qui nous gouverne au Taiba, selon moi plus intéressant qu'au 129… L'accueil est au niveau, même si le cadre est austère. Le grec est excellent, il n'y a rien à dire. Mais, le chicken rouge vif, tel un sanguinolent morceau de proie néandertalienne venant d'être chassée, mérite qu'on s'y arrête à deux fois. C'est sobre mais efficace. Le PAGUPASKEC veut de l'émotion, il en a.

Etape 11 : Apollon, 24 rue Jean Nicot, Paris 07.
L'Apollon me fascine. C'est un grec de chez grec. La viande est 100% au poulet. La sauce blanche me régale j'en mangerais des quantités que mon corps aurait du mal scientifiquement à expliquer comment il fait pour l'absorber. C'est frais, c'est très frais. Les frites ne sont pas grasses. Les quantités sont réduites, mais Dieu Apollon que c'est bon. L'accueil pourrait s'améliorer de la part des garçons mais ça reste un de mes kebabs favoris. Le pain pita est excellent, mais souvent je privilégie l'assiette, il y a des choses qui ne s'expliquent pas…. Il ne vous reste plus qu'à vivre cette expérience à fond et faire votre propre choix.

Etape 12 : Kaza Maza, 1 rue de l'Ecole Polytechnique, Paris 05.
Kaza Maza est juste en fasse de notre casse croûte grec, occasion rêvée pour retourner par là bas… Ce libanais est artisanal… Il n'y a rien à dire, je reste bouche bée devant l'ensemble des sandwichs qui sont proposés, tous sont tellement caractérisés par cette subtilité et fraîcheur libanaise…. Shawarmas bœuf et poulet, falafel, soudjouk, foies etc… Personnellement j'aime tout. Pour changer un peu en je prendrais un soudjouk. Si possible servi avec un thé à la cannelle. Merci à toi oh gentil serveur au cœur d'ange... Mon dieu ça donne diablement faim !

Etape 13 : Le Délice à Clamart.
On y retourne car c'est original ok mais on n'a toujours pas goûté leur grec. On se gare, on fait la queue, on prend un ticket, on attend son numéro en croisant les doigts pour que le sandwich n'aie pas eu le temps de refroidir… Et là petite baffe un vrai délice leur grec. Je le prends avec la sauce chili thaï mais il n'y a que chez eux que je fais ça ne me demandez pas pourquoi (sinon toujours sauce blanche et harissa). Quelque fois il peut être moins bon. Mais ceci dit, quand il est bon, avec des oignons crus, hummm c'est une bonne vieille tuerie de derrière les fagots. Les frites sont finalement bien sympas même si trop fines à mon goût. J'en profite pour asperger le tout d'une bonne algérienne, je leur redemande de la blanche et, là c'est bon, après ça, 2 clopes, et je rentre chez moi faire une bonne sieste… Et oui, c'est tout un art de vivre le PAGUPASKEC…

Etape 14 : Les Nuits d'Athènes, 7 grande rue (pont de sèvres), Sèvres.
Bon, notre périple va prendre fin… C'est triste. Mais c'est la vie. Alors on termine tout en douceur, avec un vrai gyros. Une belle viande rose 100% veau, que Renoir aurait très bien pu peindre, qui sera soigneusement enfournée dans une chaude et belle pita fraîche et onctueuse…. Quelques jolies frites par-dessus le tout, et on repart avec son cornet heureux comme au premier jour en se disant finalement c'était top le PAGUPASKEC… La viande est maigre, épicée avec originalité, elle vous permettra de profiter encore un petit coup avant de reprendre le cours normal de votre vie. Ce cornet est beau, ce sera mon dernier gage d'amour avant de nous dire adieu mes tendres amis….

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