Les fast food encore ciblés par la DGCCRF

Le 08/07/2011 à 15h22 - Infos Kebab

Les vacances commencent, les tongues et les marcels sont de sorties, les commerces saisonniers rouvrent leurs portes : une glace en bord de mer, un sandwich sur la plage, les français oublient leur régime et leurs habitudes, pour profiter de leurs vacances en se restaurant hors domicile plus souvent qu'à l'accoutumé.

Cette période estivale est bien connue pour être propice aux infractions sur l'hygiène et la fraicheur des produits, avec quelques commerçants occasionnels peu scrupuleux, plus préoccupés par le bruit de leur tiroir-caisse que par les bonnes pratiques du métier.

Avec, en plus, les récents problèmes d'intoxication alimentaires au Quick d'Avignon, dans un kebab de Chartres (innocenté dans la plus grande discrétion fin Juin), ou les contaminations de steaks hachés et de graines germées, l'été 2011 préoccupe le gouvernement plus qu'à l'accoutumé, celui-ci ne souhaitant pas que toutes ces affaires amènent des inquiétudes défavorables au tourisme et à la consommation.

C'est ainsi que, "compte tenu de l'inquiétude d'un certain nombre de consommateurs", les ministères de l'agriculture et celui de la consommation et du tourisme ont mis en place un large plan national de contrôle sanitaires des établissements de restauration rapide, avec le concours de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), nommée "Opération Alimentation Vacances".

Une opération coup de poing, qui a pour principal but de rassurer les français : souhaitant fortement marquer les esprits, les autorités sanitaires n'ont pas chômé en contrôlant, en moins d'une semaine, 1725 établissements alimentaires dont 1426 de restauration rapide et 299 de ventes à emporter, dans toute la France. 241 avertissements ont été distribués, et 9 établissements fermés temporairement.

La restauration rapide, bonne ou mauvaise élève ?

Frédéric Lefebvre, Secrétaire d'État chargé du Commerce, du Tourisme, de la Consommation, etc..., parle d'un "nombre élevé d'infractions, à près de 11 %". En moyenne, le taux d'infraction annuel relevé par la DGCCRF dans ce type de commerces avoisine les 10 %, ce qui confirme une certaine stabilité. Tout le monde s'accordera évidemment à dire que c'est toujours trop, mais est-ce vraiment élevé ?

Selon Albert Amgar, blogueur spécialiste en matière d'hygiène et de sécurité alimentaire, la situation ne serait pas pire dans la restauration rapide qu'ailleurs : "Par exemple, en restauration commerciale, selon les bilans de l’opération alimentation vacances de 2009 et 2010, les taux d’anomalies majeures constatées étaient respectivement de 12% et de 12,4%, alors …", s'interroge-t-il.

Des contrôles tout l'été, le SNARR en colère

Vous pouvez consommer sereinement pendant toutes vos vacances, les contrôles se poursuivront jusqu'au 31 août pour assurer la sécurité des populations dans le cadre de l'Opération Alimentaire Vacances, précisent les ministères concernés, dans un communiqué. Mais ensuite ?

Car en parallèle de ces actions coup de poing, soigneusement médiatisées, les mêmes ministères trainent des pieds pour légiférer sur les formations à la sécurité alimentaire nécessaires afin d'ouvrir un restaurant. Sachez qu'il a enfin été décrété, il y'a seulement quelques jours, que ces formations seraient finalement obligatoires à partir de... Octobre 2012 !?

Le Syndicat National de l'Alimentation et de la Restauration Rapide a publié un cinglant communiqué en réponse à toute cette agitation : "[...]Le SNARR, dont les Adhérents ont toujours été sensibilisés aux problématiques liées à la sécurité sanitaire, rappelle qu’il participe depuis des années aux groupes de travail mis en place par la Députée Arlette Franco et repris par l’actuel Député Fernand Siré, ainsi que par le Professeur Christian Cabrol en vue d’instaurer un permis de restaurer : force est de constater que ce sujet a vu le jour lors d’une conférence de presse du 15 juin 2006, qu’un premier projet de loi a été déposé le 30 juin 2008 et qu’il aura fallu attendre le 24 juin 2011 pour que les Pouvoirs publics prennent un décret rendant une telle formation obligatoire au... 1er octobre 2012.

Les Adhérents du SNARR n’ont pas attendu le bon vouloir des pouvoirs publics pour mettre en œuvre les formations indispensables à des prestations saines et sures : ce sont plus de 4% de leur masse salariale qui y sont consacrés chaque année, dont la plus grande part est affectée aux formations à l’hygiène.

Nous ne saurions accepter qu’un secteur tout entier, qui emploie plus de 100 000 personnes et crée chaque année 3 000 nouveaux emplois dans plus de 30 000 établissements, qui sert plus de 3 millions de repas chaque jour, soit ainsi montré du doigt alors que des efforts considérables sont faits en permanence pour garantir la satisfaction du consommateur.
[...]"

Ca, c'est dit. Bon appétit.

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